- Chambre Régionale de l’Economie Sociale d’Alsace - http://www.cres-alsace.org/wp -
Comment donner du sens à son argent ?
Posted By Pierre Roth On 21st mars 2005 @ 10:58 In Quinzaine de l'Epargne Solidaire | No Comments
« La solidarité constitue une réponse simple, évidente, admirable face au désastre comme celui qui a meurtri profondément des centaines de milliers de personnes. Elle constitue également une réponse aux multiples besoins quotidiens qui apparaissent dans notre entourage »
Le citoyen peut-il encore agir sur son environnement ?
Bernard Ehrmann est président de la CRES Alsace et représentant de la coopération et de la mutualité au CESA.
Et ceci malgré l’accélération des échanges sociaux, la complexité des systèmes, la dissolution des solidarités traditionnelles (familles, village, quartier.) dans une société qui s’emballe de plus en plus, avec des dirigeants dont la capacité à agir sur leur environnement semble de plus en plus floue. Pour changer les choses, certains choisissent une voie politique, associative, syndicale et s’engagent au bénéfice de la collectivité. Il faut saluer la vivacité du bénévolat en Alsace, qui est le moteur de l’économie sociale alsacienne.
« L’horreur économique »
L’économie sociale qui regroupe des sociétés de personnes (coopératives, mutuelles, associations, fondations.) mettant leurs forces en commun dans un but collectif et humaniste de satisfaction de besoin sociaux, parfois vitaux (hébergement d’urgence, humanitaire), apporte une première réponse à « l’horreur économique » décrite par Viviane Forester dans son essai. Cette réponse, qui s’enracine dans une tradition plus que centenaire en Alsace a souvent été qualifiée de file la misère. C’est bien contre la misère issue des pratiques des usuriers des agriculteurs ont monté les premières caisses de crédit mutuel, tout comme les artisans modestes se sont groupés pour leurs caisses de banque populaire garantissant le développement de leurs affaires, que consommateurs soucieux du prix et du poids justes ont fondé la coopé. Le chômage de masse persistant, malgré des résultats florissants d’entreprises, nous pousse à nous interroger sur les solidarités existantes et sur celles qui sont à développer. L’impôt ne joue plus aujourd’hui son rôle de régulateur et l’on voit se développer des stratégies complexes dans les entreprises pour contourner ou optimiser l’impôt comme on optimise la force de travail par la flexibilité. Des solutions nouvelles ont vu le jour et le développement du commerce équitable prouve que les citoyens sont prêts à passer du statut de consommateur passif à celui de “consom’acteur”.
L’efficacité du micro crédit
Dans le secteur bancaire, la solidarité peut aussi s’exprimer de manière simplet efficace grâce à la finance et l’épargne solidaire. Selon le baromètre des Finances solidaires réalisé par l’association Finansol en décembre 204, 43 % des Français interrogés se disent prêts à souscrire à des produits solidaires. La Finance solidaire vise à financer des activités d’utilité sociale, lutant contre l’exclusion ou à visée d’insertion sociale ou professionnelle. Elle permet également l’accès au financement (crédit, prêt bancaire pour une création d’entreprise) de personnes qui en sont les plus éloignées. Le micro crédit, prêt de faible ampleur et de faible durée accordé à un porteur de projet en situation d’exclusion a démontré son efficacité économique et sa réussite financière. One peut prêter que ce l’on a et, si la coopération bancaire et le cautionnement mutuel permettent une répartition du risque, il reste tout de même à doter les nouveaux acteurs (ADIE, Alsace Active.) d’une capacité financière suffisante.
C’est là l’objet de l’épargne solidaire qui assure financement d’une partie des actions des financeurs solidaires par des citoyens.
Une finance labellisée et transparente
Il est possible aujourd’hui de souscrire à des produits dont la gestion sérieuse et la réalité de l’engagement solidaire est garanti par le [1] Label finansol.
L’épargnant a possibilité choisir le champ d’action qu’il souhaite soutenir (solidarité internationale, insertion par l’emploi, développement durable, logement des plus démunis.)
La solidarité internationale vise à aider des populations entières à s’organiser pour sortir de la dépendance extérieure (politique ou alimentaire), se construire ou à se reconstruire un avenir dans l’indépendance.
L’insertion par l’emploi soutient près de 10000 personnes en Alsace mais la dépendance des financements publics et les changements de politiques parfois brutaux ont fragilisé les structures associatives et les entreprises d’insertion.
Choisir un FCP solidaire
Le développement durable ne se conjugue pas seulement dans une stratégie nationale ou mondiale de grands groupes en quête d’un blanc seing social mais peut aussi se décliner dans le financement d’un équipement solaire, d’une ferme produisant des fruits et légumes respectueux de l’environnement…
Avec plus d’un million de français sur liste d’attente de logements sociaux, l’augmentation de l’hébergement chez des tiers, dénoncé par le rapport de la Fondation Abbé Pierre en février 2005, et la montée des salariés précaires, l’accès aux logements pour les personnes en grande fragilité est rendu presque impossible par la flambée des prix de l’immobilier et la crise économique.
En Alsace, du 15 au 24 mars prochains, les banques coopératives, les acteurs de la finance solidaire, associations et coopératives ont choisi de se mobiliser le temps d’une quinzaine pour informer le grand public sur l’épargne solidaire et inciter les épargnants à choisir un FCP solidaire, des parts dans une société foncière pour le logement des exclus, un plan d’épargne salariale solidaire…
LA TRANSPARENCE PAR L’EXEMPLE
Cette incitation passera par l’exemple. Rencontres avec des projets et des personnes financés, dialogues avec des épargnants, mise en place d’un service téléphonique de renseignements, d’un site internet dédié … Le public pourra ainsi trouver toutes les réponses à ses questions sur l’épargne solidaire et choisir de rendre son argent solidaire, sans oublier les conséquences fiscales parfois intéressantes.
Cette mobilisation, qui aimerait inscrire dans le calendrier alsacien un moment de solidarité dans la continuité, a déjà remporté l’adhésion des collectivités locales sensibles à cette démarche citoyenne, alliant la solidarité au réalisme et à la proximité.
Il reste maintenant à convaincre un nombre croissant d’Alsaciens à sauter le pas. Il est possible de rendre NOTRE ARGENT solidaire , faisons ENSEMBLE passer le mot.
Bernard Ehrmann
Président de la Chambre Régionale de l’Economie Sociale
Article printed from Chambre Régionale de l’Economie Sociale d’Alsace: http://www.cres-alsace.org/wp
URL to article: http://www.cres-alsace.org/wp/archives/71
URLs in this post:
[1] Label finansol.: http://www.finansol.org
Click here to print.